« L’Iran examine des propositions de désescalade mais ne cessera pas de défendre ses intérêts face aux États-Unis » (Baghaï, Press TV)

Lundi 20 Juillet 2026

La République islamique d’Iran confirme avoir reçu des propositions émanant de certains médiateurs visant à empêcher une nouvelle escalade des tensions avec les États-Unis. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a fait cette annonce, ce lundi 20 juillet lors de son point de presse hebdomadaire tout en affirmant que le pays ne ménagera aucun effort pour faire cesser les agressions américaines.

 

M. Baghaï a indiqué que plusieurs médiateurs œuvrent activement pour empêcher une aggravation de la crise et qu’ils ont transmis à Téhéran des propositions en ce sens, sans toutefois dévoiler aucun autre détail.

 

Tandis que les forces armées iraniennes continuent de répondre «avec fermeté et détermination» à tout acte d’agression commis par les États-Unis, l’appareil diplomatique iranien est pleinement conscient de ses responsabilités et met tout en œuvre pour les assumer.

 

Dans la foulée, il a fait état de la coordination étroite entre la diplomatie iranienne et les forces armées du pays, avant de souligner que le ministère iranien des Affaires étrangères poursuit sa mission de défense des intérêts nationaux.

 

Ces remarques ont été formulées alors que les États-Unis ont multiplié les violations contre le territoire iranien depuis le 7 avril, date à laquelle le président américain Donald Trump avait annoncé un cessez-le-feu unilatéral à l’issue de la dernière vague d’agressions conjointes américano-israéliennes contre la République islamique d’Iran.

 

Ces violations se sont poursuivies même après la signature, en juin, du mémorandum d’entente négocié par le Pakistan entre Washington et Téhéran, dont la première clause prévoit explicitement la cessation des hostilités sur tous les fronts.

 

Les déclarations de M. Baghaï ont été faites alors que plusieurs informations font état d’une proposition qatarie instaurant un cessez-le-feu de dix jours entre la République islamique d’Iran et les États-Unis, à la suite de la récente visite à Doha du ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.

 

En outre, il a affirmé que l’Iran n’avait jamais été la première partie à violer le mémorandum ayant mis fin à la guerre, précisant que ce sont les manquements de Washington à ses engagements qui ont conduit Téhéran à riposter.

 

Rappelant que la position de l’Iran concernant le mémorandum d’Islamabad avait été constante depuis sa signature, M. Baghaï a précisé: «l’engagement contre l’engagement. Tant que l’autre partie respectait ses obligations, nous respections les nôtres. Nous n’avons jamais été les premiers à violer un accord».

 

«Lorsque l’autre partie a commencé à manquer à ses engagements, les uns après les autres, nous avons clairement indiqué que nous n’appliquerions plus les nôtres», a-t-il affirmé, avant de mettre l’accent sur le fait qu’un accord ou une entente ne conserve sa valeur et sa validité que tant que toutes les parties respectent leurs engagements. «À défaut, il ne s’agit que de mots couchés sur le papier», a-t-il poursuivi.

 

Ailleurs dans ses remarques, M. Baghaï a vivement critiqué le silence de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) face à l’attaque américaine contre le chantier de la centrale nucléaire de Darkhoveyn, dans la province iranienne du Khouzestan, affirmant qu’il démontre à quel point les allégations des États-Unis selon lesquelles ils seraient préoccupés par le programme nucléaire en Iran sont mensongères et dénuées de tout fondement.

 

Selon lui, le silence et l’indifférence de l’AIEA face aux frappes américaines contre les installations nucléaires pacifiques iraniennes, notamment le site de Darkhoveyn, ne contribueront certainement pas à renforcer la confiance de Téhéran envers l’Agence.

 

L’absence de réaction de l’AIEA ne change pas la nature du problème, a-t-il indiqué, soulignant que le fait fondamental est que toute attaque contre les installations nucléaires pacifiques d’un pays constitue une violation flagrante de toutes les règles internationales.

 

L’attaque contre le site de Darkhoveyn, placé sous la supervision de l’AIEA et destiné à la production d’énergie, démontre que les États-Unis s’opposent au développement industriel de l’Iran, à sa prospérité économique ainsi qu’au bien-être de sa population, a-t-il déploré, déclarant que «toutes les autres justifications ne sont que des prétextes».

 

À ce propos, il est à noter que l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA) a publié dimanche un communiqué, dans lequel elle a affirmé que l’attaque terroriste américaine contre la centrale nucléaire de Darkhoveyn s’est produite vers 3 h 39 (heure locale), lorsque les États-Unis ont lancé plusieurs projectiles contre ce site en construction.

 

Dans un message rendu public dimanche sur X, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères chargé des affaires juridiques et internationales, Kazem Gharibabadi, a précisé que Téhéran prendra les mesures appropriées afin de défendre ses intérêts nationaux et sa sécurité à la suite de cette attaque américaine… [Press TV]
 

 

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